L'aperçu de la nouvelle carte du monde d'après-guerre (en anglais Outline of the Post-War New World Map) est une carte réalisée avant l'attaque de Pearl Harbor[1] (7 décembre 1941) et auto-publiée le 25 février 1942[2] par Maurice Gomberg de Philadelphie, en Pennsylvanie (États-Unis). Il montre un projet de division politique du monde après la Seconde Guerre mondiale dans le cas d'une victoire alliée dans laquelle gouverneraient les États-Unis d'Amérique, le Royaume-Uni, l'Union soviétique ainsi que la République de Chine. La carte comprend un manifeste décrivant un « nouvel ordre moral mondial », ainsi que des citations du discours des Quatre Libertés de Franklin Delano Roosevelt[3].

Aperçu de la nouvelle carte du monde d'après-guerre. Publié en 1942, Philadelphie, Pennsylvanie.
La carte a été auto-publiée par Gomberg et proposée à la vente pour 1 $ dans des magazines tels que American Teacher en 1942 et Survey Graphic en 1944 (vu ici).

Gomberg, un juif russe émigré aux États-Unis, a créé la carte dans le cadre d’un projet personnel, et on sait peu de choses sur lui.

Analyse et contenu du document

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Des étudiants de l'Université de Richmond ont proposé des hypothèses pour mettre en lumière la dimension rhétorique et programmatique du document, qui dépasserait la simple projection géographique. La carte est en effet conçue comme un outil de persuasion organisé autour de deux piliers : la partie visuelle (la carte elle-même) et la partie textuelle (le manifeste en 41 points)[4].

Réorganisation territoriale et hégémonie

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Visuellement, la carte propose une simplification radicale des frontières mondiales au profit de grands blocs régionaux :

Les États-Unis absorbent l’intégralité de l’Amérique du Nord, incluant le Canada, le Mexique et l’Amérique centrale, tandis que le Groenland devient un protectorat.

L’utilisation de la couleur bleue pour marquer ces territoires, s'étendant largement sur les zones maritimes du Pacifique, viserait selon l'analyse à souligner visuellement l’hégémonie diplomatique et la domination navale de la nation américaine sur ce nouvel ordre.

Parallèlement, le document présente un agrandissement considérable des territoires sous le contrôle de l’URSS et du Commonwealth britannique. En revanche, les anciennes puissances coloniales d’Europe de l’Ouest perdent la souveraineté sur leurs empires au profit d’une « Union de l'Europe », dont l'Allemagne et l'Autriche sont exclues. Ces dernières, aux côtés de l’Italie et du Japon, sont représentées comme des zones de quarantaine sous embargo, isolées de la communauté internationale dans l’attente d’une éventuelle réintégration après une période de rééducation politique.

Le manifeste politique (les 41 points)

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Le texte figurant au bas de la carte est décrit par l'analyse comme une véritable « constitution mondiale ». Gomberg y détaille les règles d'un « Ordre moral du Nouveau Monde » (A New World Moral Order), dont les points clés prévoient notamment la création d'une « ligue mondiale des nationalités ». Cette terminologie suggère que la réorganisation de la planète ne doit pas seulement être politique, mais fondée sur une supériorité morale des démocraties alliées, chargées d'éduquer les nations vaincues et de gérer les ressources mondiales pour prévenir toute nouvelle agression.

Conçue comme une version beaucoup plus puissante que la Société des Nations, cette organisation était imaginée comme dotée d'un pouvoir de contrôle direct sur les ressources et les armées. Le programme incluait l'établissement de « républiques indépendantes démilitarisées » dans les zones jugées instables afin de garantir une paix durable. Sur le plan socio-économique, le texte prône la nationalisation des industries stratégiques et des ressources naturelles à l'échelle mondiale. Selon l'auteur, le but de cette mesure était de prévenir les futurs conflits liés au nationalisme et aux rivalités coloniales en centralisant la gestion des richesses de la planète.

Symbolisme et stratégie

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L'analyse souligne également des choix cartographiques spécifiques : la mise en évidence des monts Oural et de la route de Birmanie (ligne de ravitaillement cruciale durant la guerre sino-japonaise). Ces détails reflètent les préoccupations géopolitiques des années 1941-1942, notamment la crainte d'une expansion communiste vers l'Europe de l'Ouest et l'importance stratégique de l'Asie pour les Alliés.

Terminologie et fondements idéologiques

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L'expression « Ordre moral du Nouveau Monde » (A New World Moral Order), qui titre le manifeste de Gomberg, revêt une double signification à la fois géographique et éthique.

Sur le plan géographique, l'usage du terme « Nouveau Monde » renvoie à l'hégémonie des Amériques, et plus particulièrement des États-Unis, sur la réorganisation planétaire. Selon l'analyse de l'Université de Richmond, ce projet marquerait une rupture avec l'ordre ancien dominé par les puissances coloniales européennes, jugées responsables de l'instabilité mondiale, au profit d'un leadership américain présenté comme une alternative démocratique.

Sur le plan éthique, l'adjonction de l'adjectif « moral » souligne que le projet ne se limite pas à un simple redécoupage territorial, mais vise une transformation profonde de la civilisation. Cet ordre repose sur l'idée que les puissances alliées possèdent une supériorité éthique leur conférant le droit, voire le devoir, de diriger les ressources de la planète. Cette dimension morale justifie des mesures radicales présentées dans le texte, telles que :

Enfin, le texte prône la gestion collective des ressources pour éliminer les rivalités étatiques. Pour Gomberg, cet « Ordre moral du Nouveau Monde » représenterait la victoire définitive des idéaux de liberté sur la tyrannie, concrétisée par une structure de gouvernance mondiale centralisée sous l'égide des États-Unis.

Le projet de Gomberg s'appuie explicitement sur la figure de Franklin D. Roosevelt, en plaçant une citation du président américain dans le coin inférieur gauche de la carte. Cette citation, tirée du discours sur l'état de l'Union de 1941, évoque l'instauration d'un « ordre moral » fondé sur la liberté, par opposition à la « tyrannie » du Nouvel Ordre préconisé par les puissances de l'Axe.

L'analyse faite par les étudiants de l'Université de Richmond souligne que ce rattachement viserait à conférer une crédibilité institutionnelle à la carte, en présentant le projet comme une extension logique de la politique étrangère américaine. Toutefois, alors que le discours de Roosevelt restait sur des principes diplomatiques, Gomberg aurait interprèté cette notion de « moralité » de manière radicale en la traduisant par une réorganisation territoriale totale et une centralisation absolue du pouvoir mondial.

Description des territoires proposés

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La carte propose un total de 14 États souverains indépendants, 4 puissances militaires et 10 États démilitarisés, ainsi que 3 États « en quarantaine » (le sort de 2 d'entre eux étant d'être à terme intégré dans des États souverains).

Puissances militaires

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États-Unis

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Les États-Unis comptent 82 États, sans compter les avant-postes de sécurité dans le Pacifique et l'Atlantique. Ils gagnent notamment le Canada, le Mexique et l'Amérique centrale.

États : Alabama - Alberta - Alaska - Arizona - Arkansas - Bahamas - Basse-Californie (comprenant la péninsule de Basse-Californie) - Californie (Haute-Californie historique) - Caroline du Nord - Caroline du Sud - Colorado - Colombie (Colombie-Britannique) - Connecticut - Costa Rica - Cuba - Dakota du Nord - Dakota du Sud - Delaware - Floride - Géorgie - Groenland - Guatemala (Guatemala et Belize) - Haïti (y compris toute Hispaniola) - Honduras - Idaho - Île-du-Prince-Édouard - Îles du Vent - Îles sous le Vent - Îles Vierges - Illinois - Indiana - Iowa - Jamaïque - Kansas - Keewatin (Territoires du Nord-Ouest d'avant 1999 à l'est du méridien 110°) - Kentucky - Labrador (Terre-Neuve-et-Labrador continental) - Louisiane - Maine - Mackenzie (Territoires du Nord-Ouest d'avant 1999 à l'ouest du méridien 110°) - Manitoba - Maryland - Martinique - Massachusetts - Mexique (le reste du Mexique) - Michigan - Minnesota - Mississippi - Missouri - Montana - Nevada - Nouveau-Brunswick - New Hampshire - New Jersey - New York - Nicaragua - Nouveau-Mexique - Nouvelle-Écosse - Ohio - Oklahoma - Ontario - Oregon - Panama - Pennsylvanie - Porto Rico - Québec - Rhode Island - Salvador - Saskatchewan - Tennessee - Terre-Neuve (île de Terre-Neuve-et-Labrador) - Texas - Trinité - Utah - Vermont - Virginie - Virginie occidentale - Washington - Wisconsin - Wyoming - Yukon

Protectorats : Célèbes - Hainan - Îles Halmahera - Islande - Îles Moluques - Commonwealth des Philippines - Taïwan et Penghu

Port « Bases paix-sécurité » : Dakar et Freetown sur la côte atlantique de l'Afrique et des îles du Pacifique, hors îles Salomon.

Commonwealth

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Le Commonwealth a son siège au Royaume-Uni, comprenant l'Angleterre (dont le Pays de Galles) et l'Écosse, mais pas l'Irlande du Nord. Le Commonwealth comprend les îles Féroé et les anciennes colonies de Madagascar (au début de 1942, encore une colonie française contrôlée par le régime de Vichy), Ceylan, les îles Andaman, Chypre, Malte, la majeure partie de l'Indonésie (en 1942, une colonie néerlandaise occupée par le Japon ; d'autres parties sont attribuées aux États-Unis) et l'actuelle Papouasie-Nouvelle-Guinée, ainsi que les colonies britanniques de l'époque qui sont aujourd'hui Singapour et la partie malaisienne de Bornéo, la Géorgie-du-Sud, l'archipel Bismarck, les îles Salomon et les pays d'Australie et de Nouvelle-Zélande.

Port « Bases Paix-sécurité » :

Gibraltar sur la côte sud de l'Espagne,
Alexandrie, Alger, Benghazi, Oran sur la côte méditerranéenne de l'Afrique,
Djibouti, Port-Soudan, sur la côte africaine de la mer Rouge,
Berbera, Mogadiscio et Zanzibar sur la côte indienne de l'Afrique, et
Cabinda et Le Cap sur la côte atlantique de l'Afrique

Union soviétique - Union des Républiques socialistes soviétiques

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L'Union soviétique s'étendrait pour atteindre une taille bien plus grande que sa taille de l'époque, s'étendant à 24 (puis 25) républiques socialistes soviétiques (tout en déclassant plusieurs RSS préexistantes en républiques socialistes soviétiques autonomes) :

Républiques socialistes soviétiques : Arménie - Azerbaïdjan - Bulgarie - Tchéquie - Estonie - Finlande - Géorgie - Hongrie - Iran - Lettonie - Lituanie - Mandchourie (Heilongjiang et Hulunbuir) - Moldavie (toute la Bessarabie) - Mongolie - Pologne - Roumanie - Russie (dont la Carélie, le Karakalpakstan, le Kazakhstan et le Kirghizistan) - Slovaquie - Tadjikistan - Turkménistan - Ukraine - Ouzbékistan - Russie blanche (Biélorussie) - Yougoslavie. L'Allemagne (qui comprend l'Autriche mais pas la Prusse orientale) s'y serait ajoutée à une date ultérieure indéterminée. L'Allemagne est qualifiée d’Allemagne en quarantaine jusqu’à l’intégration complète.

Amérique du Sud - États-Unis d'Amérique du Sud

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Tout ce qui se trouve sous le bouchon du Darién et les îles au large, dont les îles Malouines :

- Argentine - Bolivie - Brésil - Chili - Colombie - Équateur - Guyane - Paraguay - Pérou - Uruguay - Venezuela

États démilitarisés

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Chine (sans Formose ni Hainan) - Mongolie-Intérieure - Indochine (Cambodge, Laos et Viêt Nam) - Corée - Malaisie - Sinkiang - Thaïlande - Tibet

Belgique (dont le Luxembourg) - France (dont Monaco et toute l'Allemagne à l'ouest du Rhin) - Pays-Bas - Portugal - Saint-Marin (plus tard inclus dans l'Italie) - Espagne (dont l'Andorre) - Suisse (dont le Liechtenstein) - Vatican (plus tard inclus dans l'Italie)

L'Italie (appelée Italie en quarantaine jusqu'à l'intégration complète) s'y ajouterait à une date ultérieure indéterminée.

Danemark (sans les îles Féroé et le Groenland) - Norvège (dont le Spitzberg, mais sans Jan Mayen) - Suède

Outre les « bases de paix et de sécurité » portuaires, les zones incluses sont l'Algérie, l'Angola, le Bechuanaland (Botswana), le Congo (dont le Burundi), le Dahomey (Bénin et Togo), l'Égypte, l'Afrique équatoriale (dont la Guinée équatoriale, la Guinée orientale et Sao Tomé-et-Principe), l'Érythrée, l'Éthiopie (dont Djibouti), la Côte-de-l'Or (Ghana), le Kenya, le Liberia, la Libye, le Maroc, le Mozambique (dont le sud du Malawi), le Nigeria, la Rhodésie (nord du Malawi, Zambie et Zimbabwe), le Sénégal (dont la Gambie, l'ouest de la Guinée et la Guinée-Bissau), la Somalie, l'Afrique du Sud (dont le Lesotho et l'Eswatini), le Sud-Ouest africain (Namibie), le Soudan, le Tanganyika (dont le Rwanda), la Tunisie, l'Ouganda, l'Afrique de l'Ouest (dont le Sahara occidental et le Sierra Leone, mais sans le Bénin, le Sénégal et le Togo)

Arabie - Républiques fédérées arabes

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Aden (Yémen du Sud) - Hedjaz - Irak (dont le Koweït) - Liban - Oman (dont Bahreïn, le Qatar et les Émirats arabes unis) - Arabie saoudite - Syrie - Yémen (Yémen du Nord)

Afghanistan - Baloutchistan - Bhoutan - Birmanie - Inde (dont le Pakistan) - Népal

Grèce - République fédérale de Grèce

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Albanie - GrèceLe point n° 24 note l'inclusion de la « Macédoine ». La « Macédoine » n'est pas clairement définie ; la carte ne semble pas inclure le pays moderne de ce nom, mais désigne plutôt la Macédoine comme la Macédoine grecque.

Éire

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Comprend l'ensemble de l'île d'Irlande.

« Hebrewland »

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Comprend l'ensemble d'Israël, de la Jordanie et de la Palestine modernes, ainsi que certaines parties de la Syrie moderne et une partie du Nord de l'Arabie saoudite.

Turquie

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Toute la partie asiatique de la Turquie. La Turquie d'Europe serait placée sous contrôle conjoint de l'URSS et de la Turquie - cf. points n°27 et n°28[5].

Nations en quarantaine

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Allemagne nazie

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L'Allemagne, mentionnée comme Allemagne en quarantaine, comprend tout le territoire de la république de Weimar à l'est du Rhin mais à l'ouest de l'ancien corridor de Dantzig, ainsi que l'Autriche. Elle est censée devenir une république socialiste soviétique à part entière au sein de l'Union soviétique.

L'Italie, mentionnée comme Italie en quarantaine, comprend toute l'Italie moderne et la Marche Julienne (d'avant 1941) et est censée devenir à terme un État à part entière des États-Unis d'Europe.

Empire du Japon

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Le Japon, mentionné comme Japon en quarantaine, comprend tout le Japon moderne et Itouroup, Kounachir, Chikotan, Habomai (mais pas les îles Bonin). Le destin ultérieur est présumé être celui d’une démocratie indépendante.

Articles connexes

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Références

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  1. "What is the role and policy the U.S.A. must assume for the establishment of the NEW WORLD MORAL ORDER AND PERMANENT PEACE? The answers to these and other questions on post-war problems are suggested in the Map-Plan - an outline of policy, illustrated with post-war New World Map- by Maurice Gomberg. This Bold Plan of the Post-War geopolitical pattern should be at the elbow of every thinking American and theorist on post-war planning. Completed before Pearl Harbor and published In Feb. 1942. It is the First and Only Comprehensive Post-War Map-Plan of its kind." in The American Teacher magazine, 1942, Volume 27, p. 21.
  2. « World Maps » [archive du 15 octobre 2009] (consulté le 12 mars 2010).
  3. « Gomberg's infamous "New World Order" map (1942) » [archive du 4 décembre 2012], Big map blog, 28 novembre 2012 (consulté le 14 février 2021).
  4. (en) Université de Richmond, « Outline of Post-War New World Order », 1er mars 2017 (consulté le 22 janvier 2026)
  5. Jacobs, « A 1942 Map of the New World Order », Big Think - Strange maps, 23 juillet 2010 (consulté le 14 février 2021).

Liens externes

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