Rachid Guerraoui, né le 5 janvier 1967 à Rabat, est un informaticien suisso-marocain, professeur à la Faculté informatique et communications de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et professeur affilié à l'Université Mohammed VI Polytechnique au Maroc[1].

Rachid Guerraoui
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Biographie
Naissance
5 janvier 1967Voir et modifier les données sur Wikidata (59 ans)
Rabat (Maroc)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
suisse (depuis 1998)
marocaineVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Directeur de thèse
Christian Fluhr (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
ACM Fellow (2012)Voir et modifier les données sur Wikidata

Connu pour ses contributions aux domaines de la programmation concurrente et du calcul distribué[2],[3], il est Fellow (en) de l'Association for Computing Machinery[4] et titulaire de la chaire annuelle d'informatique et sciences numériques au Collège de France en 2018-2019[5] pour l'algorithmique répartie.

Biographie

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Origines et famille

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Rachid Guerraoui naît le 5 janvier 1967[6] à Rabat, au Maroc[7]. Il a trois sœurs[8].

Son père, Mohammed Guerraoui, professeur de mathématiques[8], est ancien wali (gouverneur) de Marrakech. Sa mère, Fatima Rahmoun-Guerraoui, est professeur de français[8],[7].

Il est marié à la sœur de Sami Kanaan, membre socialiste du Conseil administratif de Genève, et père de deux enfants[8].

Études et parcours professionnel

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Après avoir obtenu son bac en 1984, il quitte le Maroc pour la France[8],[7].

Rachid Guerraoui soutient sa thèse de doctorat en 1992 à l'université d'Orsay. Il a été affilié à l'École des Mines de Paris, au Commissariat à l'énergie atomique de Saclay, aux laboratoires Hewlett Packard (en) et au Massachusetts Institute of Technology[9]. Il est rédacteur au Journal of the ACM[10] et est le coauteur de plusieurs livres, dont Algorithms of Concurrent Systems[11], Introduction to Reliable and Secure Distributed Programming[12] et Principles of Transactional Memory[13]. Il a été lauréat d'une bourse ERC Advanced en 2013[14] et Focused Research Award de Google en 2014[15].

Avec ses collaborateurs, Rachid Guerraoui a reçu le prix du meilleur article aux conférences suivantes : ACM Middleware (2016, 2014, 2012), ICDCN (2011), Eurosys (2010), DISC (2010) et OPODIS (2006)[3]. Il a également reçu le prix décennal du meilleur article à la conférence Middleware 2014[16].

Au-delà de son travail scientifique et académique, Rachid Guerraoui œuvre à la popularisation de l'informatique. Il est un des initiateurs du projet d'enseignement Wandida sur YouTube[17], une collection de plus de 300 vidéos sur l'informatique et les mathématiques qui accumule 2,5 millions de vues et 25000 abonnés, ainsi que le projet éducatif Zettabytes, une collection de vidéos destinées à présenter les découvertes et problèmes ouverts majeurs en informatique à un grand public[18].

Rachid Guerraoui maintient des liens avec le Maroc sous la forme de participations au débat public et à la vie politique marocaine[19].

Le roi du Maroc le nomme en décembre 2019 membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement[20].

Domaines de recherche centraux et principales publications

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Rachid Guerraoui a travaillé pour établir les fondements théoriques de la mémoire transactionnelle (en) (TM). Il a défini, en collaboration, un concept appelé opacité[21], qui est utilisé pour établir la correction des mémoires transactionnelles. Côté pratique, il a développé, en collaboration, les transactions élastiques[22], ainsi que SwissTM[23], une mémoire transactionnelle logicielle (STM) à fort taux de production, ainsi qu'un banc d'essai pour les systèmes de mémoire transactionnelle, STMBench7[24].

Auparavant, Rachid Guerraoui avait étudié les méthodes de dissémination d'information susceptible de monter en charge. Son article sur la diffusion épidémique légère d'information[25] était le premier qui prenait en compte les vues partielles et/ou asynchrones des différents processus dans un système distribué fondé sur le bavardage. Cet article, avec celui qu'il a écrit sur le service d'adhésion sous-jacent[26], ont obtenu plus de 1250 citations combinées jusqu'en 2018, parmi lesquelles figurent un certain nombre d'articles théoriques sur l'analyse des protocoles de bavardage dans des contextes réalistes[27].

Rachid Guerraoui a fait ses preuves dans l'étude des fondements de la programmation distribuée asynchrone. Par exemple, il a établi, en collaboration, des bornes inférieures pour le bavardage et le renommage asynchrones[28],[29]. Il a de plus établi des résultats fondamentaux sur les relations entre problèmes classiques de programmation distribuée, tels que l'engagement atomique[30] et le problème du consensus, pour lequel il a contribué à résoudre la question ouverte du détecteur de la plus faible erreur avec un nombre quelconque de fautes et il a établi, en collaboration, une nouvelle classification des problèmes de programmation distribuée[31]. Rachid Guerraoui ainsi que ses collaborateurs ont de plus défini une méthodologie générale pour construire des structures de données asynchrones hautement concurrentes[32],[33] et ils ont montré comment l'asynchronie permet de produire des nombres pseudo-aléatoires[34].

Rachid Guerraoui a inventé la notion mathématique abstraite d'indulgence[35] pour capturer précisément l'essence des algorithmes asynchrones dont la sécurité ne dépend pas d'hypothèses sur le temps, tels que Paxos de Lamport ou PBFT de Castro-Liskov. Guerraoui a, en collaboration, utilisé ce concept pour définir un cadre général pour les protocoles sûrs et fiables[36].

Notes et références

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  1. « Maroc : l’Université Mohammed VI Polytechnique, vivier des futures élites africaines – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com (consulté le 23 juin 2022)
  2. « dblp: Rachid Guerraoui », sur dblp.uni-trier.de (consulté le 22 octobre 2018)
  3. a et b « EPFL - DCL - Rachid GUERRAOUI », sur lpdwww.epfl.ch (consulté le 22 octobre 2018)
  4. Alexandra Walther, « Prof. Guerraoui and Prof. Sifakis elected as ACM Fellows », 14 décembre 2012 (consulté le 4 janvier 2019)
  5. « Rachid Gerraoui – Informatique et sciences numériques (2018-2019) », 2018 (consulté le 4 janvier 2019)
  6. Dounia Essabban, « Intelligence artificielle : Peut-on faire confiance aux algorithmes ? », Aujourd'hui le Maroc, 18 avril 2019 (consulté le 19 avril 2024)
  7. a b et c « Rachid Guerraoui du DHJ au collège de France », sur Mazagan24 (consulté le 30 janvier 2023)
  8. a b c d et e « Le passeport suisse et moi. Rachid Guerraoui: «Les policiers m'ont offert un verre de blanc» », Le Temps,‎ 7 janvier 2016 (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 30 janvier 2023)
  9. (en) « Rachid Guerraoui: Biography and current work », sur people.epfl.ch (consulté le 4 janvier 2019)
  10. « ACM JACM », sur Journal of the ACM (consulté le 22 octobre 2018)
  11. (en) Rachid Guerraoui et Petr Kuznetsov, Algorithms for Concurrent Systems, Lausanne, EDPFL Press, coll. « Computer Science », octobre 2018, 256 p. (ISBN 978-2-88915-283-4, lire en ligne)
  12. (en) Christian Cachin, Rachid Guerraoui et Luis Rodrigues, Introduction to Reliable and Secure Distributed Programming, Berlin, Heidelberg, Springer, 2011 (ISBN 978-3-642-15260-3, lire en ligne)
  13. Rachid Guerraoui et Michał Kapałka, « Principles of Transactional Memory », Synthesis Lectures on Distributed Computing Theory, vol. 1, no 1,‎ 2010, p. 1–193 (ISSN 2155-1626, DOI 10.2200/s00253ed1v01y201009dct004)
  14. (en) « Guerraoui Wins an ERC Grant », 17 septembre 2013 (consulté le 4 janvier 2019)
  15. (en) Kamila Madry, « Prof. Rachid Guerraoui received a Google Focused Award », 4 novembre 2013
  16. (en) Alexandra Walther, « Middleware 2014 and 10-Years Best Paper Award for Rachid Guerraoui », 17 décembre 2014 (consulté le 4 janvier 2019)
  17. « Wandida, EPFL », sur YouTube (consulté le 22 octobre 2018)
  18. « ZettaBytes, EPFL », sur YouTube (consulté le 22 octobre 2018)
  19. « Rachid Guerraoui: « Je n’habite pas le Maroc mais le Maroc m’habite » (replay) », sur 2M (consulté le 10 janvier 2020)
  20. « Biographie de M. Rachid Guerraoui, désigné par SM le Roi membre de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement | MapNews », sur www.mapnews.ma (consulté le 10 janvier 2020)
  21. (en) Rachid Guerraoui et Michał Kapałka, Proceedings of the 13th ACM SIGPLAN Symposium on Principles and practice of parallel programming : PPoPP '08, 2008 (ISBN 978-1-59593-795-7, DOI 10.1145/1345206.1345233), « On the correctness of transactional memory », p. 175
  22. (en) Pascal Felber, Vincent Gramoli et Rachid Guerraoui, « Elastic transactions », Journal of Parallel and Distributed Computing, vol. 100,‎ 2017, p. 103–127 (DOI 10.1016/j.jpdc.2016.10.010)
  23. (en) Aleksandar Dragojevik, Pascal Felber, Vincent Gramoli et Rachid Guerraoui, « Why STM can be more than a research toy », Communications of the ACM, vol. 54, no 4,‎ 2011, p. 70 (DOI 10.1145/1924421.1924440, CiteSeerx 10.1.1.164.8994)
  24. Guerraoui, Kapalka et Vitek, « STMBench7 », ACM Sigops Operating Systems Review, vol. 41, no 3,‎ 2007, p. 315 (DOI 10.1145/1272998.1273029)
  25. P. Th. Eugster, R. Guerraoui, S. B. Handurukande, P. Kouznetsov et A.-M. Kermarrec, « Lightweight probabilistic broadcast », ACM Transactions on Computer Systems, vol. 21, no 4,‎ 2003, p. 341–374 (DOI 10.1145/945506.945507, CiteSeerx 10.1.1.100.9532)
  26. Márk Jelasity, Spyros Voulgaris, Rachid Guerraoui, Anne-Marie Kermarrec et Maarten Van Steen, « Gossip-based peer sampling », ACM Transactions on Computer Systems, vol. 25, no 3,‎ 2007, p. 8–es (DOI 10.1145/1275517.1275520, CiteSeerx 10.1.1.310.501)
  27. « Rachid Guerraoui - Google Scholar Citations », sur scholar.google.com (consulté le 22 octobre 2018)
  28. Chryssis Georgiou, Seth Gilbert, Rachid Guerraoui et Dariusz R. Kowalski, « Asynchronous gossip », Journal of the ACM, vol. 60, no 2,‎ 2013, p. 1–42 (DOI 10.1145/2450142.2450147, lire en ligne)
  29. Dan Alistarh, James Aspnes, Keren Censor-Hillel, Seth Gilbert et Rachid Guerraoui, « Tight Bounds for Asynchronous Renaming », Journal of the ACM, vol. 61, no 3,‎ 2014, p. 1–51 (DOI 10.1145/2597630, CiteSeerx 10.1.1.431.2007)
  30. Rachid Guerraoui, « Non-blocking atomic commit in asynchronous distributed systems with failure detectors », Distributed Computing, vol. 15,‎ 2002, p. 17–25 (DOI 10.1007/s446-002-8027-4, CiteSeerx 10.1.1.19.5491)
  31. Carole Delporte-Gallet, Hugues Fauconnier et Rachid Guerraoui, « Tight failure detection bounds on atomic object implementations », Journal of the ACM, vol. 57, no 4,‎ 2010, p. 1–32 (DOI 10.1145/1734213.1734216, CiteSeerx 10.1.1.165.8950)
  32. Tudor David, Rachid Guerraoui et Vasileios Trigonakis, Proceedings of the Twenty-Fourth ACM Symposium on Operating Systems Principles : SOSP '13, 2013 (ISBN 978-1-4503-2388-8, DOI 10.1145/2517349.2522714), « Everything you always wanted to know about synchronization but were afraid to ask », p. 33–48
  33. Tudor David, Rachid Guerraoui et Vasileios Trigonakis, « Asynchronized Concurrency », ACM Sigplan Notices, vol. 50, no 4,‎ 2015, p. 631–644 (DOI 10.1145/2775054.2694359)
  34. Karolos Antoniadis, Peva Blanchard, Rachid Guerraoui et Julien Stainer, « The entropy of a distributed computation random number generation from memory interleaving », Distributed Computing, vol. 31, no 5,‎ 2018, p. 389–417 (DOI 10.1007/s00446-017-0311-5)
  35. Rachid Guerraoui, Proceedings of the nineteenth annual ACM symposium on Principles of distributed computing : PODC '00, 2000 (ISBN 978-1-58113-183-3, DOI 10.1145/343477.343630), « Indulgent algorithms (preliminary version) », p. 289–297
  36. Pierre-Louis Aublin, Rachid Guerraoui, Nikola Knežević, Vivien Quéma et Marko Vukolić, « The Next 700 BFT Protocols », ACM Transactions on Computer Systems, vol. 32, no 4,‎ 2015, p. 1–45 (DOI 10.1145/2658994, lire en ligne)

Liens externes

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