Marcus Plotius Faustus, dit Sertius, est une personnalité de l'Empire romain, connue par des témoignages archéologiques et épigraphiques associés à la ville de Timgad, colonie fondée sous Trajan et prospère aux IIe et IIIe siècles siècles, période marquée par l’ascension des élites municipales en Afrique romaine.
| Nom de naissance |
Marcus Plotius Marci filius Faustus |
|---|---|
| Surnom |
Sertius |
| Époque | |
| Nationalité |
Romain |
| Activité |
Chevalier romain, officier, évergète |
| Période d'activité | |
| Conjoint |
Cornelia Valentina Tucciana |
| Enfant |
Plotia Faustiana |
Biographie
modifierLe nom Plotius Faustus Sertius correspond à la structure classique des tria nomina romains, indiquant l'appartenance à une famille romanisée intégrée dans les élites municipales de l'Afrique romaine[1].
Les sources prosopographiques identifient cet individu comme Marcus Plotius Faustus, également désigné par le cognomen Sertius, appartenant à l'ordre équestre et actif à Timgad[2].
Les inscriptions découvertes à Timgad permettent de reconstituer une carrière équestre complète (tres militiae). Il exerce successivement les fonctions suivantes :
- préfet de la Cohors III Ituraeorum, stationnée en Aegyptus[3]
- tribun militaire de la Cohors I Flavia Canathenorum, en Rhétie[3]
- préfet de l'Ala I Flavia Gallorum Tauriana, en Maurétanie Tingitane[4]
Cette carrière témoigne d'un parcours classique d'officier équestre dans l'armée romaine, impliquant des affectations dans différentes provinces de l'Empire. Les inscriptions sont datées du début du IIIe siècle siècle, autour de 211–217[5].
Parallèlement à sa carrière militaire, Sertius exerce des fonctions religieuses locales en tant que flamen perpetuus et sacerdos urbis[6],[7].
Activités civiques et évergétisme
modifierPlotius Faustus Sertius et son épouse Cornelia Valentina Tucciana financent la construction d'un macellum à Timgad[6],[8]. Le bâtiment est décoré de nombreuses statues représentant le couple et leur entourage, illustrant une stratégie de représentation familiale.
Les inscriptions mentionnent également Plotius Thallus et Plotia Faustiana, probablement liés au cercle domestique de la famille[9].
La résidence de Sertius constitue l'une des plus vastes domus de Timgad, avec une superficie d'environ 2 260 m2[10]. Elle comprend des espaces de réception et des bains privés, témoignant du niveau de richesse et de distinction sociale des élites africaines.
Sources et interprétation
modifierLes informations relatives à Sertius proviennent du corpus épigraphique de Timgad, notamment des inscriptions CIL 08, 2395, CIL 08, 2396, CIL 08, 2398 et CIL 08, 2399[11].
Ces inscriptions confirment à la fois sa carrière militaire et son rôle dans la vie civique de la cité. Elles révèlent également une forte personnalisation de ses actions, notamment par l'usage de la formule sibi posuit, caractéristique d'une auto-représentation aristocratique[12],[13].
Plotius Faustus Sertius illustre ainsi l'émergence d'une élite équestre dominante dans les cités d'Afrique romaine[13].
Bibliographie
modifier- Lennart Gilhaus, Equites and Senators as Agents of Change, 2013
- Émile Boeswillwald, René Cagnat et Albert Ballu, Timgad, une cité africaine sous l’Empire romain : Le Forum, Paris, Ernest Leroux, 1905 (lire sur Wikisource).
- « Plotius Faustus Sertius », sur Prosopographia Imperii Romani
- (en) John E. H. Spaul, Ala². The Auxiliary Cavalry Units of the Pre-Diocletianic Imperial Roman Army, Andover, Nectoreca Press, 1994 (ISBN 0-9525062-0-3), p. 217.
Références
modifier- ↑ (en) « Timgad: Archaeological Treasures in an Open-Air Museum of Antiquities », sur Glamour Fashion and Beauty (consulté le 1er mai 2026)
- ↑ (de) « Plotius Faustus Sertius », sur Prosopographia Imperii Romani (consulté le 1er mai 2026)
- John Spaul, Cohors II, 2000, p. 427, 446
- ↑ Spaul 1994, p. 217.
- ↑ (en) Farkas István Gergő, « The Roman Army in Raetia » (consulté le 1er mai 2026)
- Gilhaus 2013, p. 25.
- ↑ Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 185-187.
- ↑ Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 187-188.
- ↑ Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 186.
- ↑ Gilhaus 2013, p. 26.
- ↑ Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 185-188.
- ↑ Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 187.
- Gilhaus 2013, p. 31.