Le statut social d'un individu est sa position relative au sein d'une organisation sociale. Les droits et normes sociales attachés à un statut social, comme son prestige relatif, dépendent du groupe culturel considéré.

Attributs du statut

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Le statut social est conféré par un attribut fondamental, lequel peut être acquis ou prescrit. Cet attribut fondamental est la condition nécessaire pour obtenir ce statut. Par exemple, tout médecin est titulaire d'un diplôme en médecine. En l'occurrence, il s'agit du rôle acquis.

Le statut social possède aussi des attributs importants : ce sont les droits et devoirs que confèrent le statut social. Pour continuer avec l'analogie du médecin, il a pour obligation de respecter le code déontologique, de pratiquer son art dans le but de guérir, mais il a également le droit de prescrire des médicaments.

Enfin, il existe les attributs périphériques : ce sont l'ensemble des stéréotypes liés aux statuts sociaux.

Rôles acquis, rôles prescrits

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Puisque chaque personne exerce au sein de la société plusieurs rôles et peut posséder plusieurs identités sociales (par exemple mère, épouse et chef d'entreprise), les personnes sont donc amenées à être conformes (ou du moins il est attendu d'elles qu'elles le soient) aux droits et obligations attenants à l'exercice des différents rôles.

Le statut social est générateur d'attentes, d'exigences plus ou moins importantes : on attendra d'un avocat qu'il défende son client, mais aussi qu'il s'exprime avec éloquence (à la barre). La première attente est fondamentale (elle est partie intégrante de l'attribut fondamental conférant le statut d'avocat), la seconde l'est moins, elle ressort plus de la représentation (idéologie) que l'on se fait d'un avocat.

Le statut social réfère à la position qu'occupe un individu au sein d'une hiérarchie sociale donnée[1]. Celui-ci renvoie donc chaque fois à un ensemble de relations sociales opposant supérieurs et inférieurs. Reprenant sur ce point la pensée de Weber, certain.e.s sociologues (dont Cecilia Ridgeway) ont présenté le statut social comme l'une des trois bases de l'inégalité sociale, à côté de ses dimensions économique et politique. Par opposition à ces dernières, le statut n'est pas immédiatement matériel, c'est-à-dire qu'il relève d'abord de croyances culturelles largement répandues à propos de la compétence des membres des différents groupes qui composent la société. En ce sens, tout statut prescrit des attentes particulières quant au degré de compétence des membres d'un groupe et par conséquent, quant au respect et à l'estime qui leur est dû.

Marqueurs biologiques

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De nombreuses études faites pour répondre aux besoins de la médecine légale et de l'archéologie ont montré que le statut social d'une personne ou d'un groupe (famille riche ou pauvre, communauté de moines, etc.) influe sur sa santé (encore aujourd'hui les personnes à statut social élevée ont une espérance de vie et une espérance de vie en bonne santé de plusieurs années supérieures à celles des ouvriers et plus encore des sans-domicile fixe) et par conséquent sur divers biomarqueurs retrouvés sur les cadavres ou squelettes, mêmes après plusieurs milliers d'années.

Archéométrie

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Les archéologues utilisent le fait que la qualité des dents et des os, et leurs teneurs en certains éléments-trace métallique : métaux lourds (pb, Hg, Sr, Ba et Cd par exemple), métalloïdes (tels que As), et oligo-éléments (tels que Ca, Mn, Fe, Cu…) diffèrent très significativement selon le statut social et le lieu de vie (caractère rural ou citadin, littoral ou montagnard…) d'une personne, ainsi que selon son régime alimentaire (produits de la mer, viande, légumes…). Ces différences proviennent essentiellement de l'alimentation, qui influe durant toute la vie sur la biochimie des oligo-éléments (et la biochimie d'autres éléments, non-essentiels) dans les phanères (c'est-à-dire dents, cheveux et ongles) et les os qui peuvent persister longtemps après la mort.

Ainsi avant les années 1990, les archéologues considéraient qu'un faible taux de Sr et Ba dans un os archéologique pouvait être statistiquement associé à une consommation de viande plus élevée, caractéristique généralement associée à un statut social plus élevé de la personne[2]. Ces deux métaux ont donc souvent été utilisés en archéométrie pour 'renseigner' sur le statut social et la diète alimentaire des personnes durant leur vie[3],[4],[5],[6],[7],[8]. Ces éléments sont toutefois moins utilisés depuis les années 1990[9],[10],[11], au profit de méthodes jugées plus fiables et précises, basées sur les rapports d'isotopes stables du carbone (C) et de l'azote (N) mais aussi des isotopes du strontium (Sr) dans les os[12] car à la différence du lien, linéaire entre le plomb sanguin chronique et le plomb osseux, il n'y a pas de relation linéaire entre le taux de Sr des aliments et le Sr dans l'os humains[13], la diagenèse pouvant notamment affecter les taux de Sr et de Ba[14],[15]. On a récemment (2019) montré que la distribution corporelle du Sr est aussi influencée par des éléments régulés par des processus métaboliques (Zn notamment) ; le Sr peut donc en Archéométrie être mal interprété[16].

Et depuis le développement des usages du plomb par l'empire romain, des taux de plomb osseux élevés (jusqu'à des doses traduisant un saturnisme aigu ou chronique), sont - quand il ne s'agit pas d'esclaves travaillant dans les mines ou d'ouvriers manipulant du plomb - associés aux familles à statut social dominant, qui utilisaient des fards au plomb, sucraient certains vins ou aliments avec de l'oxyde de plomb, utilisaient du plomb dans ceraines médecines traditionnelles, utilisaient de la vaisselle de plomb ou des tuyaux de plomb et/ou des cuves de plomb pour l'adduction et/ou le stockage de l'eau[17].

Notes et références

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  1. Cecilia L. Ridgeway, « Why Status Matters for Inequality », American Sociological Review, vol. 79, no 1,‎ 19 décembre 2013, p. 1–16 (ISSN 0003-1224 et 1939-8271, DOI 10.1177/0003122413515997, lire en ligne, consulté le 21 avril 2023)
  2. (en) Kaare Lund Rasmussen, Thomas Delbey, Paolo d’Imporzano et Lilian Skytte, « Comparison of trace element chemistry in human bones interred in two private chapels attached to Franciscan friaries in Italy and Denmark: an investigation of social stratification in two medieval and post-medieval societies », Heritage Science, vol. 8, no 1,‎ décembre 2020, p. 65 (ISSN 2050-7445, DOI 10.1186/s40494-020-00407-x, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  3. (en) Karl K. Turekian et J. Laurence Kulp, « Strontium Content of Human Bones », Science, vol. 124, no 3218,‎ 31 août 1956, p. 405–407 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 13360258, DOI 10.1126/science.124.3218.405-a, lire en ligne, consulté le 25 août 2021)
  4. (en) Heinrich Toots et M. R. Voorhies, « Strontium in Fossil Bones and the Reconstruction of Food Chains », Science, vol. 149, no 3686,‎ 20 août 1965, p. 854–855 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 17737382, DOI 10.1126/science.149.3686.854, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  5. (en) Antoinette B. Brown, « Bone strontium as a dietary indicator in human skeletal populations », Contributions to geology / Rocky Mountain Geology, vol. 13, no 2,‎ 1er octobre 1974, p. 47-48 (ISSN 0010-7980 et 1555-7332, e-ISSN 1555-7340, OCLC 8028282774, présentation en ligne).
  6. (en) Andrew Sillen et Maureen Kavanagh, « Strontium and paleodietary research: A review », American Journal of Physical Anthropology, vol. 25, no S3,‎ 1982, p. 67–90 (ISSN 1096-8644, DOI 10.1002/ajpa.1330250505, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  7. T. Douglas Price et Maureen Kavanagh, « Bone composition and the reconstruction of dit : exemples from the midwestern United State », Midcontinental Journal of Archaeology, vol. 7, no 1,‎ 1982, p. 61–79 (ISSN 0146-1109, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  8. Joseph B. Lambert, Sharon Vlasak Simpson, Carole Bryda Szpunar et Jane E. Buikstra, « Ancient human diet from inorganic analysis of bone », Accounts of Chemical Research, vol. 17, no 9,‎ 1er septembre 1984, p. 298–305 (ISSN 0001-4842 et 1520-4898, DOI 10.1021/ar00105a001, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  9. Hancock, R. G. V., Grynpas, M. D., & Pritzker, K. P. H. (1989). The abuse of bone analyses for archaeological dietary studies. Archaeometry, 31(2), 169-179.
  10. Radosevich SC. The Six Deadly Sins of Trace Element Analysis: A Case of Wishful Thinking in Science. In: Sanford MK, editor. Investigations of Ancient Human Tissue—Chemical Analyses in Anthropology. 1993. Amsterdam: Gordon and Breach Science Publishers.
  11. (en) « The ratio of barium to strontium as a paleodietary indicator of consumption of marine resources », Journal of Archaeological Science, vol. 17, no 5,‎ 1er septembre 1990, p. 547–557 (ISSN 0305-4403, DOI 10.1016/0305-4403(90)90035-4, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  12. (en) « Immigration and the Ancient City of Teotihuacan in Mexico: a Study Using Strontium Isotope Ratios in Human Bone and Teeth », Journal of Archaeological Science, vol. 27, no 10,‎ 1er octobre 2000, p. 903–913 (ISSN 0305-4403, DOI 10.1006/jasc.1999.0504, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  13. Burton, J. H., & Wright, L. E. (1995). Nonlinearity in the relationship between bone Sr/Ca and diet: paleodietary implications. American journal of physical anthropology, 96(3), 273-282.
  14. (en) « Re-examining the chemical evaluation of diagenesis in human bone apatite », Journal of Archaeological Science, vol. 38, no 9,‎ 1er septembre 2011, p. 2222–2230 (ISSN 0305-4403, DOI 10.1016/j.jas.2011.03.023, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  15. (en) « Testing LA-ICP-MS analysis of archaeological bones with different diagenetic histories for paleodiet prospect », Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, vol. 534,‎ 15 novembre 2019, p. 109287 (ISSN 0031-0182, DOI 10.1016/j.palaeo.2019.109287, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  16. (en) « From the crust to the cortical: The geochemistry of trace elements in human bone », Geochimica et Cosmochimica Acta, vol. 249,‎ 15 mars 2019, p. 76–94 (ISSN 0016-7037, DOI 10.1016/j.gca.2019.01.019, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)
  17. (en) S. R. Scott, M. M. Shafer, K. E. Smith et J. T. Overdier, « Elevated lead exposure in Roman occupants of Londinium: New evidence from the archaeological record », Archaeometry, vol. 62, no 1,‎ 2020, p. 109–129 (ISSN 1475-4754, DOI 10.1111/arcm.12513, lire en ligne, consulté le 18 août 2021)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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