Katherine Johnson, née Creola Katherine Coleman le 26 août 1918 à White Sulphur Springs (Virginie-Occidentale) et morte le 24 février 2020 à Newport News (Virginie), est une mathématicienne, physicienne et ingénieure spatiale américaine.

Katherine Johnson
Katherine Johnson en 2008.
Biographie
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Memorial Gardens de Hampton (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Creola Katherine Coleman
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Distinctions
Liste détaillée
Médaille présidentielle de la Liberté (2015)
Prix NCWWIT des pionnières de la technologie (d) (2015)
Prix Arthur B.C. Walker II (2016)
Virginia Women in History (en) (2016)
100 Women (2016)
Docteur honoris causa du Spelman College (d) (2017)
Médaille d'or du Congrès (2019)
Médaille Hubbard (2020)
National Women's Hall of Fame (2022)Voir et modifier les données sur Wikidata

Elle contribue aux programmes aéronautiques et spatiaux du National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) puis de la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

Réputée pour la fiabilité de ses calculs en navigation astronomique, elle conduit des travaux techniques à la NASA qui s'étalent sur des décennies. Durant cette période, elle fait partie des "ordinateurs humains" de la NASA[1]", des mathématiciennes qui calculent et vérifient les trajectoires, les fenêtres de lancement et les plans d'urgence de nombreux vols du programme Mercury, dont les premières missions de John Glenn et Alan Shepard, et des procédures de rendez-vous spatial pour Apollo 11 en 1969[2] jusqu'au programme de la navette spatiale américaine[3],[4],[5]. Ses calculs furent essentiels à la conduite effective de ces missions[3]. Elle travaille enfin sur une mission pour Mars.

En 2015, elle reçoit la médaille présidentielle de la Liberté[6] et, en 2019, le Congrès des États-Unis lui décerne la médaille d'or du Congrès[7].

Biographie

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Jeunesse et formation

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Creola Katherine Coleman naît le 26 août 1918 à White Sulphur Springs, dans le comté de Greenbrier, en Virginie-Occidentale[8],[9]. Son père, Joshua McKinley Coleman, est bûcheron, fermier et travaille à l'hôtel The Greenbrier ; sa mère, Joylette Roberta Coleman (née Lowe), est enseignante[8],[10]. Elle est la cadette d'une fratrie de quatre enfants.

Elle montre tôt des prédispositions et un intérêt pour les mathématiques à l'école[9]. Ses parents l'encouragent à étudier. Comme le comté de Greenbrier ne propose pas d'établissement scolaire public pour les jeunes Afro-Américains après le collège, les parents Coleman envoient leurs enfants au lycée communal d'Institute (en), dans le comté de Kanawha, toujours en Virginie-Occidentale, et sur le campus de la West Virginia State College (WVSC), sur l'actuelle université d'État de Virginie-Occidentale[9]. Katherine Johnson n'a que dix ans à l'époque de son admission[3]. La famille partage ainsi son temps entre Institute pendant l'année scolaire et White Sulphur Springs durant l'été[11].

Le fait d'avoir été choisie pour être l'une des trois étudiantes noires à intégrer les écoles supérieures de Virginie-Occidentale est souvent considéré comme l'un des plus marquants de sa vie, mais ce n'est qu'une des nombreuses percées qui ont marqué la vie de Katherine Johnson[9].

Katherine Johnson obtient son diplôme d’école secondaire (en) (high school) à l'âge de treize[12] ans, puis elle intègre l'université d'État de Virginie-Occidentale, une université historiquement noire[13]. Elle s'inscrit à tous les cours de mathématiques proposés par l'université. Une grande partie du corps professoral la prend sous son aile, dont la chimiste et mathématicienne Angie Turner King et William Schieffelin Claytor, troisième étudiant afro-américain à obtenir un doctorat en mathématiques. Claytor, son mentor[9] durant tout le lycée, rajoute de nouveaux cours de mathématiques au curriculum, spécialement pour Johnson[14],[15]. Elle obtient son diplôme de mathématiques et de français avec summa cum laude (« avec la plus haute distinction ») en 1937, à l'âge de dix-huit ans[10],[16]. Elle déménage ensuite à Marion, en Virginie, pour enseigner les mathématiques, le français et la musique dans une école publique noire[13],[9].

En 1939, après un premier mariage avec James Goble, elle quitte son poste d'enseignante pour intégrer le programme de mathématiques de l'université de Virginie-Occidentale, à Morgantown[9]. À l'époque, elle est l'une des trois étudiants afro-américains, et la seule femme, à être sélectionnée pour intégrer l'université, par le président de l'État de Virginie-Occidentale John W. Davis[13], sur décision de la Cour suprême des États-Unis[10],[17]. D'après la décision de la Cour, rendue lors de l'affaire Missouri ex rel. Gaines v. Canada (en)[18] (1938), les États qui comptent une école pour étudiants blancs doivent également fournir une éducation publique aux étudiants noirs, soit en autorisant Blancs et Noirs à fréquenter le même établissement, soit en créant une seconde école pour les Noirs. Elle interrompt sa scolarité à la fin de la première année, pour fonder une famille[9].

Parcours

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Katherine Johnson à la NASA en 1966.

Après un début dans l'enseignement qui ne la satisfait pas, Katherine Johnson se lance dans une carrière de chercheuse mais aussi de mathématicienne, un domaine difficile d'accès pour les personnes afro-américaines et les femmes. Lors d'une réunion de famille en 1952, elle apprend que le National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) — ancêtre de la NASA — a publié une annonce pour recruter des mathématiciens, hommes et femmes[9] pour le centre de recherche Langley. Katherine Johnson se voit proposer un emploi en 1953 et l'accepte immédiatement.

D'après les archives du National Visionary Leadership Project :

« Au début, elle travaillait dans un groupe de femmes affecté aux calculs mathématiques. Katherine surnommait ces femmes les « ordinateurs avec des jupes ». Leur travail principal consistait à lire les données des boîtes noires d'avions et d'autres travaux mathématiques. Puis, un jour, Katherine et une collègue ont été temporairement affectées pour aider l'équipe de recherche masculine sur les vols. Les connaissances de Katherine en géométrie analytique lui ont permis de s'intégrer rapidement au sein de ses nouveaux collègues et supérieurs, au point qu'ils ont « oublié de me renvoyer dans le groupe des femmes ». Les barrières de race et de genre étaient toujours présentes, mais Katherine dit les avoir ignorées. Elle s'affirmait dans l'équipe, demandait à participer aux réunions où aucune femme n'avait encore été admise. Elle disait simplement aux gens qu'elle avait fait le travail et mérité sa place. »

— Archives[8],[19]

De 1953 à 1958, elle travaille comme ordinateur humaine[20], analysant des sujets tels que l'atténuation des rafales de vent pour les aéronefs. Affectée à l'origine à la section des West Area Computers sous la supervision de la mathématicienne Dorothy Vaughan, Katherine Johnson est réaffectée à la division de guidage et de contrôle de la division de recherche en vol de Langley.

En 1956, son mari, James Goble, meurt d'une tumeur au cerveau[21]. Trois ans plus tard, Katherine épousa en secondes noces James Arthur Johnson, officier de l'armée américaine et vétéran de la guerre de Corée[22].

De 1958 jusqu'à sa retraite en 1986, Katherine Johnson travaille en tant que technologue en aérospatiale, passant au cours de sa carrière à la branche de contrôle des engins spatiaux.

En 1961, elle effectue des analyses de trajectoire de lancement de la mission Mercury-Redstone 3 (Freedom 7), le premier lancement d'un Américain — Alan Shepard — dans l'espace[5].

 
Katherine Johnson en 1971.

En 1962, elle vérifie à la main les calculs de trajectoire informatisés de la première mission américaine envoyant un homme en orbite autour de la Terre : Mercury-Atlas 6 (Friendship 7). John Glenn, qui connaît sa réputation et a une confiance limitée dans les premiers programmes de suivi de trajectoire, demande expressément que cette vérification manuelle soit faite par Katherine Johnson, en tant que procédure standard dans la « checklist » précédant le vol[5].

En 1969, durant la mission Apollo 11, Katherine Johnson aide à préciser les trajectoires de rendez-vous spatial entre le module de commande et le module lunaire Apollo quand celui-ci remonte de la surface de la Lune[5].

Elle chante dans la chorale de l'église presbytérienne Carver pendant cinquante ans[23],[24].

Elle est membre d'Alpha Kappa Alpha depuis l’université, la première association créée par et pour les femmes afro-américaines[25].

Elle prend sa retraite en 1986[26], et meurt le 24 février 2020[27] à l’âge de 101 ans.

Postérité

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Distinctions

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En 2015, le président Barack Obama attribue la médaille présidentielle de la Liberté à Katherine Johnson, alors âgée de 97 ans.

Notes et références

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  1. (en-US) Coralie Thieulin, « Katherine Johnson : la mathématicienne qui a envoyé des astronautes dans l’espace », sur The Conversation, 29 septembre 2025 (consulté le 26 mai 2026)
  2. (en) Flint Wild, « Katherine Johnson: A Lifetime of STEM », sur nasa.gov, 16 novembre 2015 (consulté le 27 février 2020).
  3. a b et c (en) Yvette Smith, « Katherine Johnson: The Girl Who Loved to Count », sur nasa.gov« Her calculations proved as critical to the success of the Apollo Moon landing program and the start of the Space Shuttle program, as they did to those first steps on the country's journey into space. ».
  4. (en) « Katherine Johnson - Death, Facts & Quotes », sur biography.com (consulté le 5 octobre 2020).
  5. a b c et d Shetterly, Margot Lee (December 1, 2016). "Katherine Johnson Biography". NASA. NASA. Retrieved March 2, 2017. When asked to name her greatest contribution to space exploration, Katherine Johnson talks about the calculations that helped synch Project Apollo’s Lunar Lander with the moon-orbiting Command and Service Module.
  6. Mark Steadman, 3 minutes pour comprendre 50 notions essentielles du codage informatique, Paris, Le courrier du livre, 2022 (ISBN 978-2-70292074-9), p. 20
  7. a et b (en) « H.R.1396 - Hidden Figures Congressional Gold Medal Act », sur congress.gov, 8 novembre 2019 (consulté le 17 novembre 2019).
  8. a b et c « Katherine Johnson - Oral History », sur National Visionary Leadership Project (consulté le 12 février 2016).
  9. a b c d e f g h et i Sarah Loff, « Katherine Johnson Biography », sur NASA, 22 novembre 2016 (consulté le 21 septembre 2021).
  10. a b et c (en) David Gutman, « West Virginian of the Year: Katherine G. Johnson », sur Charleston Gazette-Mail, 26 décembre 2015 (consulté le 8 mars 2017).
  11. (en-US) « Johnson », sur National Space Grant Foundation (consulté le 21 septembre 2021).
  12. (en-US) « Katherine Johnson Biography - NASA », 22 novembre 2016 (consulté le 26 mai 2026)
  13. a b et c (en) « Katherine Johnson Biography », sur nasa.gov, 1er décembre 2016 (consulté le 8 mars 2017).
  14. Flint Wild, « Katherine Johnson: A Lifetime of STEM », sur nasa.gov, 16 novembre 2015 (consulté le 2 octobre 2020).
  15. (en) « Katherine Johnson Biography », sur nasa.gov, 1er décembre 2016 (consulté le 8 mars 2017) : « At eighteen, she enrolled in the college itself, where she made quick work of the school’s math curriculum and found a mentor in math professor W. W. Schieffelin Claytor, the third African American to earn a PhD in Mathematics ».
  16. (en) David Gutman, « WV native, NASA mathematician to receive Presidential Medal of Freedom », sur Charleston Gazette-Mail, 16 novembre 2015 (consulté le 8 mars 2017).
  17. « Missouri ex rel. Gaines v. Canada 305 U.S. 337 (1938) », sur Justia US Supreme Court, 1938 (consulté le 12 février 2016).
  18. (en) « Missouri ex. rel. Gaines v. Canada 305 U.S. 337 (1938) », sur supreme.justia.com (consulté le 8 mars 2017).
  19. (en) Denise Lineberry, « She Was a Computer When Computers Wore Skirts », sur nasa.gov, 2 mai 2016 (consulté le 5 octobre 2020).
  20. (en) Denise Lineberry : LaRC, « She Was a Computer When Computers Wore Skirts », sur NASA, 2 mai 2016 (consulté le 21 septembre 2021).
  21. (en) Katherine Johnson, Joylette Hylick et Katherine Moore, « How a Pioneering Mathematician Held Her Family Together in the Wake of Her Husband’s Medical Emergency », sur LITERARY HUB, 26 mai 2021 (consulté le 31 mai 2024)
  22. (en) « Obituary : James A. Johnson », sur O.H. Smith & Son Funeral Home (consulté le 31 mai 2024)
  23. (en) « Katherine Johnson - Biography », sur Maths History (consulté le 4 février 2021).
  24. (en) « Katherine Johnson obituary », sur the Guardian, 24 février 2020 (consulté le 4 février 2021).
  25. (en) Crystal R. Sanders, « Katherine Johnson should also be remembered for desegregating higher education », The Washington Post,‎ 25 février 2020 (lire en ligne).
  26. Lucie Ronfaut, « Elles ont marqué l'histoire de la technologie : Katherine Johnson, des chiffres et des étoiles », Le Figaro,‎ 24 juillet 2018 (lire en ligne)
  27. (en) « Katherine Johnson Biography. », sur nasa.gov (consulté le 24 février 2020).
  28. a et b Isabelle Hontebeyrie, « L’histoire secrète de la NASA », 7 janvier 2017 (consulté le 7 janvier 2017).
  29. (en) « "Timeless" Space Race (TV Episode 2016) », sur imdb.com (consulté le 5 octobre 2020).
  30. Coraline Brouez, « Katherine Johnson, première Afro-Américaine partie à la conquête de l'espace », lefigaro.fr, 20 juillet 2019.
  31. (en) Michael Harriot, « NASA Dedicates Building to Hidden Figures Heroine Katherine Johnson », sur The Root (consulté le 15 octobre 2018).
  32. (en) Northrop Grumman, « S. S. Katherine Johnson » (consulté le 3 février 2020).
  33. « nobELLES exposition », sur calendrier.espacepourlavie.ca.
  34. Catherine Lalonde, « nobELLES exposition », sur ledevoir.com, 28 avril 2023.
  35. [vidéo] Espacepourlavie Montréal, « Épisode 4: Katherine Johnson - balado nobELLES », sur YouTube
  36. « MissMe rend hommage à sept femmes scientifiques au Planétarium de Montréal », sur ici.radio-canada.ca, 27 avril 2023.
  37. (en-US) « 2021 Induction », sur National Women’s Hall of Fame (consulté le 10 mars 2021).

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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📚 Artikel Terkait di Wikipedia

Liste d'abréviations en informatique

Board (ITIL) CAD : Computer Aided Design (Conception assistée par ordinateur) ou humoristiquement, Computer Aided Disaster CAE : Computer-aided engineering

Raspberry Pi

inspiré du BBC Micro d'Acorn Computer, commercialisé en 1981, est destiné à encourager la jeunesse à s'intéresser à la programmation informatique. Le premier

Spacewar!

Wayne Wiitanen et programmé avec l’assistance d'autres membres du Tech Model Railroad Club (TMRC), en particulier Bob Saunders, Steve Piner et Alan Kotok

Automate fini

of Computer Science and Technology : Volume 25 - Supplement 10, Marcel Dekker, 1992 (ISBN 0-8247-2275-2, lire en ligne), p. 73-104 Jean-Éric Pin, « Automates

Micro:bit

pocket-size computer 'inspire digital creativity' in Britain's children? », sur independent.co.uk, 7 juillet 2015. (en) « BBC unveils final Micro:Bit computer design »

Astrocade

l'origine en 1977, la première version de la console s'appelle Home Library Computer et n'est disponible que par correspondance. Mais les délais de fabrication

Nintendo Entertainment System

partir de 1985 (1987 en Europe). Son équivalent japonais est la Family Computer (ファミリーコンピュータ, Famirī Konpyūta?), ou Famicom (ファミコン, Famikon?), sortie quelques

RISC-V

pour un Ph. D. in Computer Science University of California, Berkeley 2016) (en) John L. Hennessy et David A. Patterson, Computer Organization and Design