En intelligence artificielle, plus précisément en apprentissage automatique, le gradient boosting (parfois traduit amplification de gradient en français) est une technique d'apprentissage basée sur le principe de boosting.

Gradient boosting
Type
Méthode (d), boostingVoir et modifier les données sur Wikidata

Elle consiste à combiner progressivement des modèles faibles, le plus souvent des arbres de décision, pour former un modèle prédictif performant en corrigeant les erreurs résiduelles de manière itérative[1]. Cette méthode repose sur une optimisation séquentielle où chaque nouveau modèle ajuste ses paramètres en minimisant une fonction de coût via le calcul des gradients[2]. Popularisée par des algorithmes comme XGBoost ou LightGBM (en)[3], le gradient boosting s'impose dans des domaines variés, allant de la recommandation à la classification, grâce à son efficacité et sa capacité à traiter des données structurées complexes.

Historique

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Le concept de gradient boosting trouve son origine dans une observation de Leo Breiman datant de 1997, selon laquelle le boosting peut être interprété comme un algorithme d'optimisation appliqué à une fonction objectif appropriée[4]. Des algorithmes explicites de gradient boosting dans un contexte de régression statistique ont ensuite été formalisés par Jerome H. Friedman (en 1999[2], puis en 2001[5]), parallèlement à des approches plus générales proposées par Llew Mason, Jonathan Baxter, Peter Bartlett et Marcus Frean en 1999[6],[7]. Ces contributions ont introduit une nouvelle interprétation des algorithmes de boosting en tant que méthodes de descente de gradient fonctionnel itératif, c'est-à-dire des procédés optimisant une fonction de coût dans un espace fonctionnel en sélectionnant itérativement une fonction (un « classifieur faible ») orientée dans la direction opposée au gradient[6]. Cette perspective fonctionnelle du gradient a ouvert la voie au développement d'algorithmes de boosting dans divers domaines de l'apprentissage automatique et des statistiques, au-delà de la régression et de la classification.

Principe

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Cette section suit le tutoriel A Gentle Introduction to Gradient Boosting par Cheng Li (Northeastern University)[8].

À l'instar des autres méthodes de boosting, le gradient boosting combine des modèles dits faibles en un unique modèle fort par itération. On l'explique ici dans un contexte de régression des moindres carrés. L'objectif est d'apprendre au modèle   à prédire des valeurs sous la forme  , tout en minimisant l'erreur quadratique moyenne  , où   est une variable itérée sur un jeu d'entraînement de taille  , composé de valeurs de la variable de sortie   :

  •   la valeur prédite  
  •   la valeur observée
  •   le nombre d'échantillons dans  

Si l'algorithme comporte   étapes, à chaque étape   ( ), supposons un modèle imparfait   (pour de faibles  , ce modèle peut simplement prédire   comme étant  , la moyenne de  ). Pour améliorer  , notre algorithme doit ajouter un nouvel estimateur  .

Ainsi,

 

où, de manière équivalente,

 .

Par conséquent, le gradient boosting ajustera   au résidu  . Comme dans les autres variantes du boosting, chaque   tente de corriger les erreurs de son prédécesseur  . Une généralisation de cette idée à des fonctions de perte autres que l'erreur quadratique, ainsi qu'à des problèmes de classification ou de classement, découle de l'observation que les résidus   pour un modèle donné sont proportionnels aux gradients négatifs de la fonction de perte d'erreur quadratique moyenne (par rapport à  )

 
 .

Ainsi, le gradient boosting peut être généralisé à un algorithme de descente de gradient en utilisant une fonction de perte différente et son gradient correspondant[9].

Usages

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Le gradient boosting trouve des applications dans le domaine de l'apprentissage par classement. Les moteurs de recherche Yahoo[10] et Yandex[11] emploient des variantes de cette méthode au sein de leurs algorithmes de classement fonctionnant sur de l'apprentissage automatique. Il est également utilisé en physique des particules pour de l'analyse de données, comme celles du Grand collisionneur de hadrons où des variantes de réseaux de neurones profonds s'appuyant sur le gradient boosting appliquées aux jeux de données ont reproduit avec succès les résultats de méthodes d'analyse traditionnelles, non basées sur l'apprentissage automatique, et ont mené à la découverte du boson de Higgs[12]. Par ailleurs, des arbres de décision utilisant le gradient boosting ont été utilisés en géologie, notamment pour évaluer la qualité des réservoirs gréseux[13] ou pour estimer la profondeur des eaux[14].

Notes et références

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  1. (en) Trevor Hastie, Robert Tibshirani et Jerome Friedman, « 10. Boosting and Additive Trees », dans The Elements of Statistical Learning - 2nd Edition, New York, Springer, 2009, 764 p. (ISBN 978-0-387-84857-0, lire en ligne), p. 337-384
  2. a et b (en) Jerome H. Friedman, « Stochastic Gradient Boosting »   [PDF], 26 mars 1999 (consulté le 24 février 2025)
  3. (en) Candice Bentéjac, Anna Csörgő et Gonzalo Martínez-Muñoz, « A comparative analysis of gradient boosting algorithms », Artificial Intelligence Review,‎ 24 août 2020 (lire en ligne)
  4. (en) Leo Breiman, « Arcing The Edge »   [PDF], juin 1997 (consulté le 24 février 2025)
  5. (en) Jerome H. Friedman, « Greedy function approximation: A gradient boosting machine. », The Annals of Statistics, vol. 29, no 5,‎ octobre 2001, p. 1189–1232 (ISSN 0090-5364 et 2168-8966, DOI 10.1214/aos/1013203451, lire en ligne, consulté le 24 février 2025)
  6. a et b (en) Llew Mason, Jonathan Baxter, Peter Bartlett et Marcus Frean, « Boosting Algorithms as Gradient Descent »   [PDF], 1999 (consulté le 24 février 2025)
  7. (en) Llew Mason, Jonathan Baxter, Peter Bartlett et Marcus Frean, « Boosting Algorithms as Gradient Descent in Function Space »  , 4 mai 1999 (consulté le 24 février 2025)
  8. (en) Cheng Li, « A Gentle Introduction to Gradient Boosting » [PDF] (consulté le 23 mars 2025)
  9. Alexander Grubb et J. Andrew Bagnell, Generalized Boosting Algorithms for Convex Optimization, 14 février 2012 (DOI 10.48550/arXiv.1105.2054, lire en ligne)
  10. (en) David Cossock et Tong Zhang, « Statistical Analysis of Bayes Optimal Subset Ranking »   [PDF], 7 août 2010 (consulté le 24 février 2025)
  11. (ru) « CatBoost — новый метод машинного обучения от Яндекса — Блог Яндекса », sur yandex.ru (consulté le 24 février 2025)
  12. (en) Vidhi Lalchand, « Extracting more from boosted decision trees: A high energy physics case study »   [PDF], 16 janvier 2020 (consulté le 24 février 2025)
  13. (en) Longfei Ma, Hanmin Xiao, Jingwei Tao et Taiyi Zheng, « An intelligent approach for reservoir quality evaluation in tight sandstone reservoir using gradient boosting decision tree algorithm », Open Geosciences, vol. 14, no 1,‎ 1er janvier 2022, p. 629–645 (ISSN 2391-5447, DOI 10.1515/geo-2022-0354, lire en ligne, consulté le 24 février 2025)
  14. (en) Yue Liu, Shulei Wu, Zhongqiang Wu et Shuangshuang Zhou, « Application of gradient boosting machine in satellite-derived bathymetry using Sentinel-2 data for accurate water depth estimation in coastal environments », Journal of Sea Research, vol. 201,‎ 1er octobre 2024, p. 102538 (ISSN 1385-1101, DOI 10.1016/j.seares.2024.102538, lire en ligne, consulté le 24 février 2025)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Bradley Boehmke et Brandon Greenwell, « Gradient Boosting », dans Hands-On Machine Learning with R, Chapman & Hall, 2019, 484 p. (ISBN 978-1-138-49568-5, lire en ligne), p. 221-245

Articles connexes

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📚 Artikel Terkait di Wikipedia

Mouvement brownien

530-532. Lire en ligne sur Gallica. Cf. e.g. : Mark Kac ; Integration in Function Space and some of Its Applications, Lezioni Fermiane, Accademia Nazionale

Espace fonctionnel

ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Function space » (voir la liste des auteurs). Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie

Théorème de Banach-Stone

on Banach Spaces : function spaces, CRC Press, 2010, 208 p. (ISBN 978-1-4200-2615-3, lire en ligne), chap. 2 (« Continuous Function Spaces – The Banach-Stone

Gaetano Fichera

teorema di L. Amoroso » [« Boundary values of pluriharmonic functions: extension to the space R2n of a theorem of L. Amoroso »], Rendiconti del Seminario

Espace de Besov

Fournier, Sobolev Spaces, Academic Press, 2003 (ISBN 0-12-044143-8) (en) Johnson Raymond, « Review of Theory of function spaces by Hans Triebel », dans

SpaceX

Space Exploration Technologies Corporation SpaceX, officiellement Space Exploration Technologies Corporation, est une entreprise américaine spécialisée

Feel++

_email="feelpp-devel at feelpp.org")); // create mesh auto mesh = unitSquare(); // function space auto Vh = Pch<1>( mesh ); auto u = Vh->element(); auto v = Vh->element();

Topologie compacte-ouverte

(ISBN 9782705685089), p. 67-69 (en) Ralph H. Fox, « On topologies for function spaces, part I », Bull. Amer. Math. Soc., vol. 51,‎ 1945, p. 429-432. Viro