Mitchell Jay Feigenbaum (né à Philadelphie le 19 décembre 1944 et mort le 30 juin 2019 à New York[1]) est un physicien théoricien américain[2],[3].

Mitchell Feigenbaum
Mitchell Feigenbaum en 2006.
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30 juin 2019Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
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Nombres de Feigenbaum, Feigenbaum function (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Etudiant du City College of New York, il poursuit ses études au MIT en génie électrique à partir de 1964 avant de s'orienter vers la physique. En 1970, il soutient sa thèse de doctorat au MIT sous la direction de Francis Low, consacrée aux relations de dispersion en théorie quantique des champs.

Il se consacre ensuite à l’application de groupes de transformation à un paramètre aux équations différentielles ordinaires. Ces équations sont couramment utilisées pour modéliser les mécanismes de la physique, voire certains comportements collectifs, comme la démographie, l’attrition, ou l’évolution des gaz vers un état d’équilibre. Dans le cas idéal, les fonctions décrites par ces équations sont exactement déterminées par un seul paramètre. On savait depuis Richardson (1922) et Lorentz (1963) que les équations différentielles non-linéaires peuvent présenter des évolutions (ou trajectoires) vers leurs points fixes très différentes, même pour des conditions initiales voisines, ce qui constitue un défi pour la modélisation déterministe des systèmes dynamiques. Reprenant l’idée de Richardson, qui consiste à analyser les trajectoires pas à pas en discrétisant l’équation différentielle par différences finies, Feigenbaum étudia les trajectoires quasi-cycliques de l’équation prédateurs et proies en les paramétrant par un seul facteur. S’appuyant sur l’utilisation d'un calculateur HP-65, il découvrit que si, pour les petites valeurs de ce paramètre, le système décrit des cycles de période prévisible, à partir d’un certain seuil, la période de ces cycles double, et qu'en augmentant encore un peu ce paramètre, la période de cycle quadruple (phénomène de bifurcation). Moyennant certaines hypothèses, Feigenbaum montra[4] que les écarts entre paramètres déclenchant une bifurcation, tendent vers une valeur constante : environ 4.6692[5]... L’une des études les plus abouties de Feigenbaum (1978) concerne le comportement de la suite logistique[6] : il montra que cette régularité dans la répartition des paramètres de bifurcation se retrouve pour d’autres équations différentielles, c’est-à-dire d'autres modèles mathématiques des systèmes. Le taux de convergence obtenu empiriquement est appelé depuis constante de Feigenbaum[5].

Il se voit offrir une chaire de physique mathématiques à l’université Rockefeller en 1986. L’étude statistique des suites oriente Feigenbaum vers l'application des fractales à la cartographie : il participe ainsi à la confection des numérique des cartes de l’Hammond Atlas (1992) :

« S'appuyant sur les méthodes de la géométrie fractale pour dessiner les reliefs naturels, tels les traits de côte, le physicien Mitchell Feigenbaum a mis au point un logiciel capable de rendre l'aspect des littoraux, frontières et chaînes de montagnes à toute sorte d'échelles et de projections cartographiques. Le Dr. Feigenbaum a également conçu un programme d'insertion automatique des noms de lieux, qui permet d’annoter les cartes en quelques minutes ; tâche qui naguère exigeait des jours de travail laborieux. »

— Hammond , World Atlas (1992)

 
Mitchell Feigenbaum (à droite) et Joel Lebowitz (1998).

Toujours avide d'appliquer les mathématiques aux besoins humains, Feigenbaum fonde avec Michael Goodkin la SSII Numerix (1996), pour commercialiser un logiciel de courtage exploitant une simulation par méthode de Monte Carlo et utilisable pour toute sorte de produits structurés ou de produits dérivés.

Notes et références

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  1. (en-US) Kenneth Chang, « Mitchell Feigenbaum, Physicist, Dies at 74; He Made Sense of Chaos », The New York Times,‎ 18 juillet 2019 (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 26 octobre 2022)
  2. (en) « My encounter with the late Mitchell Feigenbaum, chaos pioneer and critic », Scientific American, 2 juillet 2019.
  3. (en) « Celebrating and remembering Mitchell Feigenbaum, physicist who pioneered chaos theory », sur News (consulté le 4 mars 2024).
  4. (en) M. J. Feigenbaum, « Universality in complex discrete dynamics », Los Alamos Theoretical Division Annual Report 1975-1976,‎ 1976 (lire en ligne)
  5. a et b James Gleick, La Théorie du chaos, Albin Michel, 1989 (réimpr. éd. Flammarion, 1991) (ISBN 2-226-03635-0).
  6. (en) M. J. Feigenbaum, « Quantitative Universality for a Class of Non-Linear Transformations », J. Stat. Phys., vol. 19, no 1,‎ 1978, p. 25–52 (DOI 10.1007/BF01020332, Bibcode 1978JSP....19...25F, S2CID 124498882, CiteSeerx 10.1.1.418.9339)

Annexes

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Bibliographie

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  • (en) Abaraham Païs ; The Genius of Science, Oxford University Press (2000), (ISBN 0-19-850614-7). Chapitre 5 : Mitchell Feigenbaum, pp. 84-104.

Articles connexes

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Liens externes

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📚 Artikel Terkait di Wikipedia

Henri Epstein (physicien)

p. 211–295 (en) H. Epstein, « New proofs of the existence of the Feigenbaum functions », Communications in Mathematical Physics, vol. 106, no 3,‎ 1er septembre

Liste de fractales par dimension de Hausdorff

Learning, 2009 (lire en ligne), p. 225. (en) On the metric properties of the Feigenbaum attractor DOI 10.1007/BF01007519. (en) The scattering from generalized

Table de constantes mathématiques

 287. (en) J. Sondow et P. Hadjicostas, « The generalized-Euler-constant function γ(z) and a generalization of Somos's quadratic recurrence constant », J

Échocardiographie de contraste

studies in anatomy and function, Radiology, 1969;92:939–48 (en) Armstrong WF, Mueller TM, Kinney EL, Tickner EG, Dillon JC, Feigenbaum H, Assessment of myocardial

Prix Turing

États-Unis) Théorie de la complexité (informatique théorique). 1994 Edward Feigenbaum ( États-Unis) et Raj Reddy ( Inde) Systèmes d’intelligence artificielle

Prix Pólya (MAA)

McCune, William D. Clark Calculators to Motivate Infinite Composition of Functions, Vol. 11 (1980), 189–195 1982 John A. Mitchem On the History and Solution